mardi 7 mai 2013

Remittances to Latin America and the Caribbean in 2012: Differing behavior across subregions

Il s'agit d'un rapport de la BID sur les transferts de la diaspora.

"Remittances to Latin America and the Caribbean in 2012: Differing behavior across subregions", 32 pages.
By Maldonado, N., and Hayem, M.Multilateral Investment Fund, Inter-American Development Bank. Washington, D.C., 2013

Voici le lien pour télécharger/lire le document:
BID/IDB/Maldonado and Hayem, 2013

Les remises de la diaspora dans le développement économique d’Haïti

Source: haitilibre.com, 2 mai 2013

Haïti - Économie : Les remises de la diaspora dans le développement économique d’Haïti
Dans le cadre des activités consacrées à la Journée de la Diaspora, l’Économiste F. Thélusma Conseiller ministériel pour la réinsertion économique de la Diaspora, a prononcé une conférence ayant pour thème, « Les remises des émigrants haïtiens et leur possible utilisation dans le développement économique d’Haïti. »

Texte de l’intervention de F. Thélusma :
« Bien que les institutions financières internationales comme la Banque Interaméricaine de Développement (BID) aient fait état d’envois monétaires dans le pays évalués ces derniers temps à $2.4 milliards de dollars américains, je ne me suis jamais professionnellement intéressé à ce phénomène pour questionner l’impact d’un tel flux monétaire sur l’économie haïtienne, dont le Produit Intérieur Brut (PIB) est évalué à 12 milliards de dollars. Quelques observations empiriques faites par des économistes et sociologues ont laissé entendre que la bidonvilisation des environs de Port-au-Prince est financée en grande partie par l’argent de la diaspora et je me suis toujours dit, bien que scandalisé par l’anarchie régnante de l’habitat des quartiers populaires, que les constructions en dur constituaient un pas vers le progrès et que les bénéficiaires de ces transferts jouissaient d’une amélioration de leur qualité de vie.

Il m’a fallu répondre à une invitation pour un séminaire organisé par le Bureau International de la Migration des Nations Unies, en conjonction avec le Ministère de la Défense du Chili tenu à Santiago sur les possibilités de rendre les remises plus productives et ainsi les tourner en éléments de développement local ou national d’un pays. C’est alors que j’ai saisis l’importance de ces flux monétaires au point de vue macroéconomique, si certaines autres conditions, que j’énumérai plus tard, sont remplies. Dores et déjà, nous observons tous qu’au point de vue microéconomique ou individuel, les récipiendaires des transferts sont avantagés par rapport a ceux qui n’en reçoivent pas en ce qui concerne leur mode de vie, par la capacité de consommer certains biens ou services au nombre desquels on peut citer l’éducation, les soins de santé, les services qui conditionnent l’aisance comme l’électricité, l’eau potable, le téléphone et d’autres loisirs.

La nature des remises :
Les remises sont des cadeaux qui sont faits aux membres de la famille restés au pays d’origine et sont donnés sans contre partie. Des auteurs qui ont étudié ce geste prétendent qu’il y a plusieurs raisons pour ce faire. Ces transferts peuvent être de motivation altruiste. Un père ou une mère qui vit dans un pays développé ne peut pas laisser sa progéniture mourir de faim en Haïti. Il en est de même pour un frère, une sœur, une cousine. Ils peuvent être de motivation égoïste en ce sens les dons faits maintiennent peuvent être une garantie contre les risques du futur si on a en tète que la maladie, le vieil âge ou n’importe quelle contrariété peuvent forcer quelqu’un à retourner vivre à son pays d’origine. L’accueil familial est donc important.

Les remises sont assimilées à la pension que reçoit un ancien employé de l’Etat ou d’une compagnie. La théorie économique les exclut dans le calcul du Produit Intérieur Brut d’un pays puisque le donneur ne reçoit aucune compensation en retour. En Haïti, notre économie de 12 milliards de dollars ne saurait prétendre s’élargir à 15 milliards même si une excellente année aux Etats Unis ou au Canada permettait aux immigrants Haïtiens d’envoyer 3 milliards de plus dans le pays. Cependant cette somme permettrait a l’économie nationale de croître si elle est épargnée dans des institutions financières et permettant aux entrepreneurs d’y avoir accès par le biais des investissements.

Les types de remises :
On observe généralement trois (3) trois types de remises :

  • Les remises familiales. Ce sont celles que les émigrants envoient à leurs proches parents pour la satisfaction de leurs besoins immédiats. On peut citer les besoins en nourriture, l’accès aux frais de scolarité des enfants ou adultes, les réparations à effectuer dans la maison familiale et la satisfaction d’autres besoins.
  • Les remises collectives sont celles envoyées par les associations de villes ou villages des émigrants pour l’édification de certains travaux dont peut bénéficier la collectivité en totalité. Par exemple l’Association de St, Michel de l’Attalaye à l’étranger vient de contribuer a la parution d’un plan stratégique pour le relèvement de la ville et des contributions financières seront collectées et envoyées à cette fin.
  • Enfin les remises pour investissement sont des transferts de capitaux plus importants faits pour des projets de société privés pour créer des entreprises moyennes ou grandes comme la création d’hôtels, d’hôpitaux ou encore d’autres activités capables d’attirer des touristes et de créer des emplois.

Les origines du « phénomène remises » :
La compétition entre les nations dans processus de création de richesses, leur dotation en ressources naturelles et leur exploitation appropriée font que certaines d’entre elles deviennent plus riches que d’autres. Les régimes politiques arbitraires amènent même la persécution politique contre les opposants et créent une certaine mobilité des défavorisés causant ainsi l'émigration vers des cieux plus hospitaliers. Par exemple, l'émigration haïtienne a commencé vers les années 1905 vers Cuba quand l'industrie de la canne à sucre requérait des bras pour la "zafra" de la canne à sucre. Les remises sont nées depuis lors.

Le même climat en République Dominicaine, grande productrice de sucre, exigeait des bras pour la coupe de la canne et Haïti en offrait beaucoup pour ce travail ardu. Nous savons tous ce qui est arrivé en 1937 (le massacre ordonné par le généralissime Rafael Leonidas Trujillo) dans lequel périrent plus de 7000 de nos compatriotes. Par la suite les régimes présidentiels haïtiens ont vu beaucoup d'haïtiens s'expatrier par choix jusque dans les années 1960 ou l'oppression politique a forcé cette fois, non pas seulement les ouvriers de la canne a sucre, mais aussi la classe des professionnels et celle des hommes et femmes d'affaires à s'installer dans les villes américaines, New York et Chicago d'abord puis ensuite Boston, Philadelphie, et finalement Miami pour les Etats Unis d'Amérique. Montréal et la ville de Québec au Canada devinrent le lieu d'accueil des Haïtiens pour le Canada. Paris et d'autres villes françaises furent choisies par d'autres émigrés d'Haïti ainsi que certains pays de l'Afrique francophone pour former ce qui est connu aujourd'hui sous le nom de la Diaspora Haïtienne. La source des remises est donc la diaspora.

Comment rendre les remises ou transferts productifs dans l'Economie Haïtienne ? :
Je dirai tout d'abord, que les remises améliorent la vie économique des bénéficiaires en augmentant de façon perceptible leur mode de vie en leur permettant de consommer des biens et des services auxquels ils n'avaient pas d'accès autrefois sur le plan microéconomique. Sur le plan macroéconomique, elles peuvent causer une augmentation des réserves nettes de change. Elles peuvent également créer une activité économique locale sans lendemain, et même créer une hausse des prix si les produits consommés sont importés. C'est peut être le cas Haïtien ou presque tous les produits de consommation sont importés. C'est pourquoi la malice populaire dit que l'argent reçu de l'étranger fait un « U-TURN ».

Pour que les remises soient capables de stimuler l'économie il faut d'une part que la gouvernance du pays soit basée sur des politiques publiques qui prônent l'épargne à partir de laquelle les investissements deviennent possibles. Ceci requiert un système bancaire efficace qui soit capable de promouvoir l'éducation financière chez les receveurs des remises à qui le mini-crédit serait disponible pour opérer de petites affaires. Le cumul de ces opérations augmenterait progressivement le volume de l'emploi et en conséquence le Produit Intérieur Brut (PIB) et le développement économique.

Conclusion :
‘’Bien qu'ils présentent souvent des avantages considérables pour les individus, les ménages et les communautés, l'émigration et les envois de fonds, ne sont pas une panacée aux problèmes structurels du développement’’ disait Manuel Orozco au séminaire organisé à Santiago. Si l'État néglige de poursuivre une politique tendant à revigorer l'économie par une politique fiscale (revenus et dépenses) prenant en compte certains secteurs de production et d'investissement, les remises peuvent doubler (5 milliards) et aucun développement n’en résultera.

L'État Haïtien a intérêt à voir les remises durer le plus longtemps possible sans en dépendre. Non plus, il ne devra rendre ses sujets dépendants de cette ‘’manne’’. Par le biais de l’éducation, il devra les rendre plus productifs et ainsi, les remises pourront servir non à l’augmentation de la consommation, mais également a celle de la production locale, si les receveurs de transfert ont la sagesse d’épargner dans des institutions financières une partie de ces remises, qui elles-mêmes seront disponibles pour l’investissement. La pluri-nationalité des haïtiens peut devenir une ‘’Bonanza’’ pour le pays dans les années à venir. »



Les transferts d'argent vers Haïti stagnent

Par  Dieudonné Joachim
Source: lenouvelliste.com, 3 mai 2013

Les Haïtiens ont reçu de leur diaspora, en 2012, quelque 1,988 milliards de dollars américains contre 2,057 milliard en 2011. Ce montant arrive loin derrière les 22,446 milliards du Mexique, champion de la catégorie.
 
La République dominicaine voisine a reçu 3,158 milliards et la Jamaïque 2,038 durant la même période.
 
En dépit de tout, en Haïti, comme au Guyana, au Honduras, au Salvador, au Nicaragua, au Guatemala ou en Jamaïque, les flux de transferts d'argent des migrants continuent de représenter encore plus de 10% du Produit intérieur brut (PIB).
 
Les transferts d'argent reçus dans toute la région de l'Amérique latine et des Caraïbes en 2012 a connu une stagnation par rapport à l'année précédente. 61,276 milliards de dollars ont été transférés au total en 2012, contre 60,9 milliards en 2011.
 
Depuis le dernier trimestre de 2008, l'augmentation du taux de chômage dans les pays comme les États-Unis, l'Espagne et le Japon, et la réduction conséquente des revenus des migrants d'Amérique latine ont provoqué une diminution sans précédent de la valeur des transferts de fonds vers la région.
 
Parmi les pays des Caraïbes, la République dominicaine a connu un taux de croissance significatif par rapport aux autres pays de la sous-région, avec une croissance en 2012 de 4,8%. Ceci est cohérent avec le comportement observé au sein des pays de l'Amérique centrale, qui, comme la République dominicaine, reçoivent la plupart de leurs envois de fonds des États-Unis, selon un rapport titré «Transferts de fonds vers l'Amérique latine et les Caraïbes en 2012: écart entre les sous-régions» récemment publié par la Banque interaméricaine de développement (BID).
 
Les envois de fonds vers les Caraïbes ont montré une reprise rapide en 2010 avec un taux de croissance de 8,3%, attribuable en grande partie à l'aide reçue par Haïti en réponse au tremblement de terre qui a frappé le pays cette même année.
 
En 2011, le taux de croissance, avait atteint 5,9%, croissance similaire dans le reste de l'Amérique latine. En 2012, les taux annuels de croissance dans cette région sont restés faibles, n'augmentant que de 1,1% au premier trimestre et 0,1% au deuxième trimestre.
 
Selon une enquête spéciale de la Banque interaméricaine de développement (BID) réalisée en 2006, 23% des montants des transferts ont été utilisés pour l'investissement. « Cela a favorisé la création d'emplois et a servi de filet de sécurité sociale. » La réalité ne change pas en 2012.
 
D'un point de vue micro-économique, les transferts d'argent représentent une source importante de revenus pour des millions de familles qui les reçoivent, même dans les pays ayant un PIB élevé. Ces transferts ont contribué à réduire le niveau de pauvreté dans les pays de la région et ont permis à de nombreuses familles d'atteindre un niveau de vie plus élevé, par le financement de leurs dépenses en biens de consommation et de l'investissement dans l'éducation, la santé, le logement et les entreprises. Sans ce flux régulier de ressources envoyées par les migrants à leurs familles, de nombreuses familles bénéficiaires tomberaient en dessous du seuil de pauvreté.

samedi 27 avril 2013

The 1 Percent’s Solution

By
Source: nytimes.com, April 25, 2013

Economic debates rarely end with a T.K.O. But the great policy debate of recent years between Keynesians, who advocate sustaining and, indeed, increasing government spending in a depression, and austerians, who demand immediate spending cuts, comes close — at least in the world of ideas. At this point, the austerian position has imploded; not only have its predictions about the real world failed completely, but the academic research invoked to support that position has turned out to be riddled with errors, omissions and dubious statistics.


Fred R. Conrad/The New York Times
Paul Krugman
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Yet two big questions remain. First, how did austerity doctrine become so influential in the first place? Second, will policy change at all now that crucial austerian claims have become fodder for late-night comics?
      
On the first question: the dominance of austerians in influential circles should disturb anyone who likes to believe that policy is based on, or even strongly influenced by, actual evidence. After all, the two main studies providing the alleged intellectual justification for austerity — Alberto Alesina and Silvia Ardagna on “expansionary austerity” and Carmen Reinhart and Kenneth Rogoff on the dangerous debt “threshold” at 90 percent of G.D.P. — faced withering criticism almost as soon as they came out.
       
And the studies did not hold up under scrutiny. By late 2010, the International Monetary Fund had reworked Alesina-Ardagna with better data and reversed their findings, while many economists raised fundamental questions about Reinhart-Rogoff long before we knew about the famous Excel error. Meanwhile, real-world events — stagnation in Ireland, the original poster child for austerity, falling interest rates in the United States, which was supposed to be facing an imminent fiscal crisis — quickly made nonsense of austerian predictions.
       
Yet austerity maintained and even strengthened its grip on elite opinion. Why?
       
Part of the answer surely lies in the widespread desire to see economics as a morality play, to make it a tale of excess and its consequences. We lived beyond our means, the story goes, and now we’re paying the inevitable price. Economists can explain ad nauseam that this is wrong, that the reason we have mass unemployment isn’t that we spent too much in the past but that we’re spending too little now, and that this problem can and should be solved. No matter; many people have a visceral sense that we sinned and must seek redemption through suffering — and neither economic argument nor the observation that the people now suffering aren’t at all the same people who sinned during the bubble years makes much of a dent.
       
But it’s not just a matter of emotion versus logic. You can’t understand the influence of austerity doctrine without talking about class and inequality.
       
What, after all, do people want from economic policy? The answer, it turns out, is that it depends on which people you ask — a point documented in a recent research paper by the political scientists Benjamin Page, Larry Bartels and Jason Seawright. The paper compares the policy preferences of ordinary Americans with those of the very wealthy, and the results are eye-opening.
       
Thus, the average American is somewhat worried about budget deficits, which is no surprise given the constant barrage of deficit scare stories in the news media, but the wealthy, by a large majority, regard deficits as the most important problem we face. And how should the budget deficit be brought down? The wealthy favor cutting federal spending on health care and Social Security — that is, “entitlements” — while the public at large actually wants to see spending on those programs rise.
       
You get the idea: The austerity agenda looks a lot like a simple expression of upper-class preferences, wrapped in a facade of academic rigor. What the top 1 percent wants becomes what economic science says we must do.
       
Does a continuing depression actually serve the interests of the wealthy? That’s doubtful, since a booming economy is generally good for almost everyone. What is true, however, is that the years since we turned to austerity have been dismal for workers but not at all bad for the wealthy, who have benefited from surging profits and stock prices even as long-term unemployment festers. The 1 percent may not actually want a weak economy, but they’re doing well enough to indulge their prejudices.
       
And this makes one wonder how much difference the intellectual collapse of the austerian position will actually make. To the extent that we have policy of the 1 percent, by the 1 percent, for the 1 percent, won’t we just see new justifications for the same old policies ?
       
I hope not; I’d like to believe that ideas and evidence matter, at least a bit. Otherwise, what am I doing with my life? But I guess we’ll see just how much cynicism is justified.

The Excel Depression

By
Source: nytimes.com, April 18, 2013

In this age of information, math errors can lead to disaster. NASA’s Mars Orbiter crashed because engineers forgot to convert to metric measurements; JPMorgan Chase’s “London Whale” venture went bad in part because modelers divided by a sum instead of an average. So, did an Excel coding error destroy the economies of the Western world?

The story so far: At the beginning of 2010, two Harvard economists, Carmen Reinhart and Kenneth Rogoff, circulated a paper, “Growth in a Time of Debt,” that purported to identify a critical “threshold,” a tipping point, for government indebtedness. Once debt exceeds 90 percent of gross domestic product, they claimed, economic growth drops off sharply.
       
Ms. Reinhart and Mr. Rogoff had credibility thanks to a widely admired earlier book on the history of financial crises, and their timing was impeccable. The paper came out just after Greece went into crisis and played right into the desire of many officials to “pivot” from stimulus to austerity. As a result, the paper instantly became famous; it was, and is, surely the most influential economic analysis of recent years.
       
In fact, Reinhart-Rogoff quickly achieved almost sacred status among self-proclaimed guardians of fiscal responsibility; their tipping-point claim was treated not as a disputed hypothesis but as unquestioned fact. For example, a Washington Post editorial earlier this year warned against any relaxation on the deficit front, because we are “dangerously near the 90 percent mark that economists regard as a threat to sustainable economic growth.” Notice the phrasing: “economists,” not “some economists,” let alone “some economists, vigorously disputed by other economists with equally good credentials,” which was the reality.
       
For the truth is that Reinhart-Rogoff faced substantial criticism from the start, and the controversy grew over time. As soon as the paper was released, many economists pointed out that a negative correlation between debt and economic performance need not mean that high debt causes low growth. It could just as easily be the other way around, with poor economic performance leading to high debt. Indeed, that’s obviously the case for Japan, which went deep into debt only after its growth collapsed in the early 1990s.
       
Over time, another problem emerged: Other researchers, using seemingly comparable data on debt and growth, couldn’t replicate the Reinhart-Rogoff results. They typically found some correlation between high debt and slow growth — but nothing that looked like a tipping point at 90 percent or, indeed, any particular level of debt.
       
Finally, Ms. Reinhart and Mr. Rogoff allowed researchers at the University of Massachusetts to look at their original spreadsheet — and the mystery of the irreproducible results was solved. First, they omitted some data; second, they used unusual and highly questionable statistical procedures; and finally, yes, they made an Excel coding error. Correct these oddities and errors, and you get what other researchers have found: some correlation between high debt and slow growth, with no indication of which is causing which, but no sign at all of that 90 percent “threshold.”
       
In response, Ms. Reinhart and Mr. Rogoff have acknowledged the coding error, defended their other decisions and claimed that they never asserted that debt necessarily causes slow growth. That’s a bit disingenuous because they repeatedly insinuated that proposition even if they avoided saying it outright. But, in any case, what really matters isn’t what they meant to say, it’s how their work was read: Austerity enthusiasts trumpeted that supposed 90 percent tipping point as a proven fact and a reason to slash government spending even in the face of mass unemployment.
       
So the Reinhart-Rogoff fiasco needs to be seen in the broader context of austerity mania: the obviously intense desire of policy makers, politicians and pundits across the Western world to turn their backs on the unemployed and instead use the economic crisis as an excuse to slash social programs.
       
What the Reinhart-Rogoff affair shows is the extent to which austerity has been sold on false pretenses. For three years, the turn to austerity has been presented not as a choice but as a necessity. Economic research, austerity advocates insisted, showed that terrible things happen once debt exceeds 90 percent of G.D.P. But “economic research” showed no such thing; a couple of economists made that assertion, while many others disagreed. Policy makers abandoned the unemployed and turned to austerity because they wanted to, not because they had to.
       
So will toppling Reinhart-Rogoff from its pedestal change anything? I’d like to think so. But I predict that the usual suspects will just find another dubious piece of economic analysis to canonize, and the depression will go on and on.
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NDCDP-Économie générale.-
Liens vers les articles de Reinhart et Rogoff et de Herndon, Ash et Pollin:
  1. Reinhart-Rogoff:"Growth in a time of debt", NBER Working Paper, 26 pages, January 2010.[The views expressed are those of the authors and do not necessarily reflect the views of the NBER.] 
  2. Reinhart-Rogoff Initial Response, by Robin Harding, Financial Time, April 16, 2013
     

vendredi 15 mars 2013

Haïti/ Etonnée, la ministre Marie Carmelle Jean-Marie recadre le sénateur Jocelerme Privert.

NDCDP-Économie générale

Il s'agit d'un article du Nouvelliste. Le voici.

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« Etonnée », MCJM recadre Privert
Par Roberson Alphonse
roberson_alphonse@yahoo.com

Source: lenouvelliste.com, 14 mars 2013


Le sénateur Jocelerme Privert a tout faux.
 
« Faux, la gestion de PetroCaribe n'est pas opaque et il n'y a pas de gaspillage comme le prétend le sénateur », a confié au journal la ministre de l'Economie et des Finances, Marie Carmelle Jean-Marie.
 
« Les fonds de PetroCaribe sont budgétisés et leurs décaissements suivent une procédure très compliquée », a-t-elle assuré, assise sur un canapé aux coussins jaunes bondé de dossiers à signer, jeudi, en début de matinée. Cette économiste explique que les projets financés dans le cadre du programme PetroCaribe sont approuvés par le conseil d'administration du BMPAD (Bureau de monétisation et des programmes d'aide au développement) et le Conseil des ministres. Après cette étape, le BMPAD autorise la BNC à faire les décaissements, a détaillé Marie Carmelle Jean-Marie, assurant que le solde de ce programme est toujours disponible sur le site du Ministère de l'Economie et des Finances MEF et actualisé dix jours après chaque virement effectué par les compagnies pétrolières.
 
Actuellement, le solde est de 314 188 000 dollars US, a souligné la ministre. Marie Carmelle Jean-Marie souligne que tous les projets financés sont budgétisés. Pour l'exercice en cours, 19 502 794 176 gourdes proviennent du programme la PetroCaribe. « Les sénateurs votent les programmes. Mais ils n'ont pas à voter les projets », a-t-elle insisté, soulignant que la communication du tome 2 du budget avec les projets financés aux sénateurs visent à leur fournir des informations. « C'est pour qu'ils puissent apprécier l'action gouvernementale, voir si les projets sont en cohésion avec les programmes », a dit Marie Carmelle Jean-Marie.
 
Des fonds provenant de PetroCaribe financent aussi des projets dans le cadre du programme de développement territorial. Dans le budget, les projets ne sont pas étalés parce qu'on accorde la priorité aux projets bons à financer qui sont exécutés à travers tout le pays, a-t-elle indiqué .
 
« On ne fait pas de dépenses hors ligne. Sinon, la Cour Supérieure des comptes et du contentieux administratif CSC/CA ne va pas approuver les comptes généraux », a garanti Marie Carmelle Jean-Marie, « étonnée des propos du sénateur Jocelerme Privert qui a toujours obtenu toutes les informations qu'il lui faut et qui sait où les trouver ».
 
La construction d'un aéroport international aux Cayes et un autre aéroport domestique à l'île-à-Vache « n'est pas du gaspillage », a soutenu la ministre. Ce sont deux aéroports à vocations économiques différentes. Aux Cayes, on pourra recevoir des avions avec 500 passagers désireux de réaliser des excursions ou faire du tourisme dans le grand Sud. Celui de l'île-à-Vache, un « petit bijou », pourrait accueillir de petits avions de touristes riches, comme à St-Barthelemie, a expliqué la ministre de l'Economie et des Finances.
 
Il n'y a pas de gestion hors norme du BMPAD et du Fonds d'assistance économique et sociale FAES, a rétorqué Marie Carmelle Jean Marie. Ces entités sont coiffées par des conseils d'administration, contrairement à ce qu'a avancé le sénateur Jocelerme Privert, selon Mme Jean-Marie. Le conseil d'administration du BMPAD est composé de six ministres et du gouverneur de la BRH. Le ministre des Finances, celui de la Planification, des Affaires étrangères, du Commerce et d'Industrie, de l'Agriculture et des TPTC, a-t-elle détaillé, journal Le Moniteur en main. Le ministre des Finances dirige celui du FAES avec le titulaire du ministère de la Planification, le ministre des Affaires sociales, le Fonds haïtien d'aide aux femmes, la FAN entre autres membres. «L'année dernière, une réunion du conseil d'administration du FAES avait eu lieu. Au cours de cette rencontre, le budget et le plan d'action ont été approuvés. On va avoir une nouvelle réunion fin mars ou début avril pour statuer sur l'évolution du FAES compte tenu de l'importance des programmes sociaux qu'il gère », a confié la ministre de l'Economie et des Finances, Marie Carmelle Jean-Marie.
 
Les chiffres sur les nouvelles prévisions de recettes internes évoqués par le sénateur Privert lui ont été communiqués par le ministère de l'Economie et des Finances. L'AGD et la DGI ont révisé à la baisse les prévisions de 52 milliards de gourdes. Celles-ci sont actuellement entre 43 et 44 milliards. Mais on va voir s'il y a des possibilités pour qu'elles atteignent 48 milliards de gourdes, a dit Marie Carmelle Jean-Marie, qui reconnaît « une surestimation des capacités de mobilisation des administrations fiscales et un changement de comportement des importations ». Au premier trimestre de cet exercice, les importations de matières premières non comestibles ont augmenté de 8 %. Ce qui prouve une reprise des activités au niveau du secteur secondaire, a indiqué la MEF, soulignant que ces importations-là ont bénéficié de franchises, donc d'une subvention.
 
L'Etat subventionne aussi le prix des produits pétroliers à la pompe. Au mois de janvier 2013, cette subvention était autour de 3 milliards de gourdes, a expliqué MCJM, ajoutant que l'Etat perçoit 85 % de ces recettes sur les taxes et redevances prélevées sur les importations. Cependant, malgré ces choix-là, l'économie nationale ne s'est pas « détériorée », comme le dit le sénateur Privert: « Il s'est basé sur la baisse des recettes, tributaires des importations, pour généraliser la situation économique du pays. Or, l'équation de base en économie entre l'offre et la demande, le PIB, plus les importations est égale aux consommations, plus les exportations », a indiqué cette économiste. « Il a pris la composante importation avec les recettes internes alors que nous, c'est le PIB que nous retenons pour mesurer l'activité économique », a expliqué Marie Carmelle Jean-Marie. « Pour le PIB, a-t-elle poursuivi, on a une augmentation de 8% pour le secteur agricole qui représente 20 à 30 % de la production haïtienne et la demande pour les produits textiles en provenance d'Haïti a augmenté de 18 % », a révélé celle qui gère les trésors de la République.
 
« Je ne peux pas dire pour l'instant si nous nous atteindrons les 6 % du PIB prévus pour l'exercice. Nous allons faire une première révision qui sera disponible au mois d'avril », a-t-elle informé en affichant un réel optimisme. Déjà, le taux de croissance de 8 % du secteur agricole représente 2 % du PIB, a fait remarquer Marie Carmelle Jean-Marie. « Je suis toujours disponible et prête à fournir des informations aux parlementaires »,a indiqué Marie Carmelle Jean-Marie, connue pour son franc-parler quand elle dit ou recadre...

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