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samedi 13 octobre 2012

Haïti/ Comment les transferts de la diaspora pourraient aider à financer la reconstruction

 
Par Dr. Pierre Montès

Introduction

Soit P la valeur en dollars que l'on pourrait emprunter sur le marché aujourd'hui au taux d'intérêt annuel i . Le remboursement de cette somme augmentée des intérêts se ferait par des versements annuels d'un montant fixe A sur une période de n années. Le premier versement aurait lieu à la fin de l'année 1, le deuxième à la fin de l'année 2, et ainsi de suite; le dernier versement aurait lieu à la fin de la dernière année n.

En Économique de l'ingénieur et en Mathématique financière, on établit la relation entre P, A, i et n.

Il s'agit d'une relation fonctionnelle de la forme P = f (A, i, n).

L'établissement de cette relation est basé sur le principe d'équilibre suivant.

Le montant initial P, s'il était placé pendant n années au taux d'intérêt annuel i aurait pour valeur (capital et intérêts composés réunis) au bout des n années:

S1 = P (1+i)^n            (1)

(lire P multiplié par le binôme (1+i) exposant n)

Les n versements constants A auraient également rapporté des intérêts composés annuellement. L'addition des n montants A et de leurs intérêts composés peut s'écrire:

S2 = A (1+i)^(n-1) + A (1+i)^(n-2) +...+ A (1+i)^2 + A (1+i)^1 +A (1+i)^0    (2)

On multiplie les deux membres de (2) par (1+i) et l'on obtient:

(1+i) S2 = A (1+i)^n + A (1+i)^(n-1) +...+(1+i)^3 + A(1+i)^2 +A (1+i)^1    (3)

On retranche (3) de (2) membre à membre pour obtenir:

i S2 =   A (1+i)^n - A (1+i)^0    (4)

De (4) on tire:

S2 = A [(1+i)^n - (1+i)^0]/i

ou:

S2 = A [(1+i)^n - 1]/i     (5)

Le principe d'équilibre (ou d'équité) consiste à égaler les deux sommes S1 et S2. Les relations (1) et (5) conduisent alors à:

 P(1+i)^n = A [(1+i)^n - 1]/i     (6)

D'où:

P = A [(1+i)^n - 1]/[i (1+i)^n]    (7)

La relation (7) est la fonction cherchée.

On peut écrire la relation (7) sous la forme adimensionnelle:

P/A = [(1+i)^n - 1]/[i (1+i)^n]    (8)

On retrouve la relation (8) dans tous les livres de Mathématique financière ou d'Économique de l'ingénieur (Engineering Economy). Dans certains ouvrages, la valeur du rapport P/A est tabulée en fonction de i et de n.


Graphique de P/A en fonction de i et de n

Ce que l'on ne retrouve peut-être pas dans les livres est la représentation graphique de cette fonction.
La Figure 1 présente quelques courbes illustrant les valeurs de P/A en fonction de i pour des valeurs fixées de n  (n  = 1, 5, 10, 15, 20, 25 et 30 ans).

On constate que pour un n fixé, P/A diminue quand i augmente. Cela signifie que, pour un P donné, les versements annuels sont plus élevés si les taux d'intérêts sont élevés. Dans ces conditions, ce ne serait pas le bon moment pour emprunter.

De même, pour un i donné, P/A augmente quand n augmente. Cela signifie que, pour un P donné, une longue durée d'un emprunt permettrait des versements annuels plus faibles. Mais dans ce cas, le montant total des intérêts à payer sur la dette serait plus élevé.

Enfin, le rapport P/A est d'autant plus élevé que le taux d'intérêt est bas. Dans ces conditions, on pourrait se permettre de s'engager dans des emprunts de plus longue durée.



Figure 1 - Graphique de P/A en fonction de i et de n.





Graphique de P en fonction de A, de i et de n, dans le cas particulier où A = 20 millions de dollars


La Figure 2 illustre le graphique de P en fonction de A de i et de n. On voit que les courbes ont la même allure que celles de la Figure 1. En effet, les ordonnées de la Figure 2 sont celles de la Figure 1 multipliées par la valeur de A (ici 20 millions de dollars).


Figure 2 - Graphique de P en fonction de A, de i et de n pour A=20 millions de dollars. 




Une taxe de 1% sur les transferts de la diaspora servirait à rembourser un prêt de plusieurs centaines de millions de dollars

Une taxe de $1 sur chaque tranche de $100 de transfert de la diaspora vers Haïti, soit 1%, pourrait générer un montant de 20 millions de dollars par année. En effet, la diaspora transfère environ 2 milliards de dollars par année vers Haïti. Un poucent de cette somme est égal justement à 20 millions de dollars.

L'État haïtien pourrait, par une loi, aller chercher ce montant annuellement en taxant de 1% les transferts de la diaspora vers Haïti.

Un tel montant entrant chaque année dans les coffres de l'État permettrait à l'État de contracter un nouvel emprunt (intérieur ou extérieur) dont la valeur peut être estimée à l'aide des courbes sur la Figure 2 pour un couple (i, n) donné, selon les conditions du marché au moment où ce emprunt serait envisagé.

Voici quelques exemples.
  1. Si i = 1%, n = 20 ans, A = $ 20 millions, alors, l'emprunt s'élève à P = $ 360,9 millions. 
  2. Si i = 2%, n = 20 ans, A = $ 20 millions, alors, l'emprunt s'élève à P = $ 327,0 millions.
  3. Si i = 3%, n = 20 ans, A = $ 20 millions, alors, l'emprunt s'élève à P = $ 297,5 millions.
  4. Si i = 5%, n = 20 ans, A = $ 20 millions, alors, l'emprunt s'élève à P = $ 249,2 millions.

Ce montant emprunté P, compris dans les quatre exemples ci-dessus entre 250 et 360 millions de dollars, serait remboursé en 20 versements annuels égaux de 20 millions de dollars provenant de la taxe de un pourcent sur les tranferts de la diaspora.

Évidemment, d'autrescouples (i, n) conduiraient à d'autres valeurs de P données par le même graphique (ou par l'équation (7)).

Ce montant P servirait à financer la reconstruction d'Haïti.

L'idée est lancée. Elle ne m'appartient plus. Les dirigeants d'Haïti pourraient s'en inspirer pour faire avancer un peu la reconstruction du pays.

   

mardi 24 mai 2011

Quatre Propositions au Président Martelly Pour Financer la Reconstruction Nationale

Source: Forum Culturel, Lun 23 mai 2011, 20h 33min 39s

Par Jean-Éric Paul, économiste

« Les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts » Charles de Gaulle


Sortir Haïti du marasme actuel, nécessite de la part des Haïtiens l’esprit d’ingéniosité et d’innovation. Il faut transcender les démarches traditionnelles et les veilles habitudes qui ont conduit au naufrage national. Le séisme du 12 janvier 2010, aurait causé la mort de plus de 300 000 individus et une perte « d’environ 60% du PIB national[1] ». Après l’urgence humanitaire, il va falloir passer à la longue et fatidique tache de la reconstruction qui nécessiterait énormément de moyens financiers. Selon la BID, il faudrait 14 milliards $ pour la reconstruction. Pour cette lourde tache, on ne peut pas compter que sur la générosité de la communauté internationale. Certes, Haïti ne peut prétendre pouvoir survivre actuellement, sans un appui international. Mais, là où le bât blesse, c’est que, de promesse en promesse, la situation socio-économique du pays va de mal en pis. Il ne serait pas responsable et judicieux de compter que sur la générosité internationale qui finance déjà notre budget à hauteur de 65%. Il en va de la dignité et de la responsabilité du peuple haïtien. Dans ce qui suit, nous nous demanderons s’il est possible d’envisager d’autres moyens pour répondre aux besoins de ressources financières ? Le projet paraît bien audacieux en ces temps difficiles. Mais on se risquera tout de même à montrer que nous n’avons pas épuisé toutes les opportunités existantes.


Quatre (4) propositions pour faire face à la difficile épreuve de la reconstruction

Les Français disent toujours : " Nous n'avons pas de pétrole mais nous avons des idées". La question qui nous intéresse ici est celle de savoir comment trouver les ressources financières pour la reconstruction nationale hormis celles accordées par la communauté internationale. Pour répondre à cette question, nous formulons quatre (4) propositions.


A- La création d’une Banque Nationale de Développement

D’abord, il nous faut un cadre rationnel de financement national et cela ne peut se faire que par la création d’une Banque Nationale de Développement en vue de collecter les fonds nécessaires pour financer seule ou conjointement les grands projets d’intérêt collectif (Routes, aéroports, transports publics, logements sociaux et autres équipement collectifs). Elle pourrait aussi accorder des prêts à plus ou moins long terme aux collectivités territoriales pour accompagner le processus de décentralisation, aux agriculteurs et industriels. Vouloir reconstruire c’est se donner les moyens adéquats. Une telle entreprise ne peut se faire en dehors de l’Etat. La question du développement ne saurait être une affaire strictement privée ou publique. C’est la raison pour laquelle cette banque ne pourrait être que le fruit d’un double partenariat public/privé.

Il s’agirait d’un consortium des banques dans lequel l’Etat posséderait au minimum une minorité de blocage. On pourrait ainsi imaginer le capital social de la Banque détenu par l’Etat haïtien, le secteur privés haïtien et si possible certaines institutions internationales (la BID, Caribean Development Bank et autres banques privées étrangères). Elle aurait une totale autonomie de gestion avec un statut de société anonyme dirigée soit par un Conseil d’Administration ou par un Directoire avec Conseil de Surveillance. Elle aurait une structure organisationnelle, transparente, sérieuse et efficace au même titre que les grandes banques étrangères. Elle serait certifiée ISO (International Standard Organisation) appliquant ainsi les principes de management par la qualité et auditée chaque année. Les conditions d’accord de crédit seraient transparentes et réglementées. Le risque de crédit serait géré de façon efficace. Tous les prêts accordés seraient couverts par un mécanisme d’assurance contre le risque de défaut de l’emprunteur (incapacité de rembourser, ne pas payer ses annuités à temps).


Canaliser les transferts des haïtiens d’outre-mer

Une fois, ce cadre de financement rationnel et solide créé, nous pouvons envisager la canalisation des transferts des Haïtiens d’outre-mer via la Banque Nationale de Développement et les orienter vers la reconstruction et le développement du pays. Selon le FOMIN[2], les transferts des haïtiens d’outre-mer vers Haïti, ont été évalués à 1.8 Milliards $ en 2007. Ce chiffre ne prend pas en compte les transactions faites par voie informelle. Elle pourrait à travers une stratégie de développement international, implanter une succursale dans chaque mégapole étrangère à forte concentration de la communauté haïtienne (New York, Montréal, Paris, etc.). Si la Banque prélève en moyenne 6% de frais sur ce montant. C’est 108 millions $ qui revient annuellement à la banque pour financer le développement.


Collecter une partie de l’épargne des haïtiens d’outre-mer

Outre la canalisation de transferts, on pourrait aussi envisager la collecte d’une partie de l’épargne des haïtien d’outre-mer à partir d’un simple dépôt à terme par exemple un « Plan Epargne Logement » de maturité 7 ans à raison de 200 $ ou 147 Euros par mois (taux de 1.36 $ = 1 euro). Si 500 000 Haïtiens d’outre-mer sur plus de 2 000 000 souscrivent à ce Plan épargne, c’est : 500 000* 200 $ = 100 000 000 $ par mois. Ce qui donne annuellement : 100 000 000 * 12 = 1.200.000.000 $ en terme de collecte d’épargne par la banque de développement. Plusieurs pays ont privilégié cette approche de canalisation de transferts et de collecte de l’épargne de leurs ressortissants. On peut citer les cas du Maroc, de la Tunisie avec plusieurs banques en France, Belgique et Espagne. On peut aussi mentionner le Mali avec sa banque de développement en France.


B- Le lancement d’un Grand Emprunt National

Dans le cas d’Haïti où tout doit être reconstruit, il n’est pas inutile d’en appeler à l’élan civique et patriotique de tous les haïtiens au sens d’un effort de solidarité nationale. Disposant de plus de 2 millions d’Haïtiens à l’extérieur du pays, l’Etat pourrait lancer un grand emprunt en direction principalement de la diaspora haïtienne via la Banque Nationale de Développement. En 1993, l’ancien premier ministre français Edouard Balladur, trouvant la France dans une situation socio-économique grave, a lancé un emprunt dit « Emprunt Balladur » aux français pour redynamiser l'activité économique. Le montant initial était de 40 milliards de francs ; il a eu un succès tel que l’Etat français en a recueilli environ 110 milliards de francs. Quant au cas d’Haïti, on chercherait à lever 1 000 000 000 $ à travers des « bons de développement » de maturité 10 ans, émis et garantis par la Banque Nationale de Développement (consortium réunissant Etat, Secteur Privé haïtien et l’International). Il s’agirait d’une forte mobilisation citoyenne, de toutes les forces vives du pays au sens d’un effort de solidarité nationale. L’argent récolté servirait à investir dans des projets d’utilité collective tout en préservant la rentabilité des investissements. On pourrait penser à créer des sociétés de transport terrestre, maritimes et aérien, logements sociaux, sociétés d’autoroutes, de chemins de fer par exemple, industries. On pourrait même donner droit et non obligation aux souscripteurs de transformer le nominal et les intérêts à maturité en actions de ces sociétés à prix préférentiels. Ils deviendraient ainsi propriétaires de celles-ci. Pour assurer le succès d’untel projet, il faut des moyens incitatifs tels que la double nationalité, le vote des haïtiens à l’étranger via les ambassades, la rétention d’un mois de salaire de tous les membres des pouvoirs exécutif et législatif (Président de la république, PM, Ministres, Secrétaires d’Etat, Parlementaires, etc..) pour la souscription de ces bons, la mise en avant du patriotisme haïtien, la nostalgie du pays et le désir de vivre ensemble, transformeraient à coup sur ce projet en un grand succès national. On pourrait même créer un label « entreprise citoyenne » pour les entreprises haïtiennes achetant ces bons. Ce serait un critère d’appréciation pour ces entreprises lors des souscriptions des marchés publics. Ces moyens incitatifs ont été mis en évidence par Dilip Ratha[3] qui reconnaît en cette approche un moyen sure et stable de financement. L’idée des Bons de développement est la meilleure façon de capter une partie de l’épargne des Haïtiens d’outre pour financer le développement. Actuellement, la qualité de signature de l’Etat haïtien ne lui permettrait pas de trouver preneur de ses bons sur un marché financier. Quand bien même, on trouverait preneur, cela reviendrait trop cher à notre pays de passer par les marchés obligataires étrangers. De plus, dans le cadre du financement par les marchés financiers internationaux, il n’est pas sans importance de se demander quel pourcentage de la dette d’un Etat souverain qui doit être détenu par l’étranger ? C’est dans ce contexte, qu’Israël a eu recours à sa diaspora. À la suite de la Guerre d’Indépendance, Israël était un pays économiquement sinistré. Les immigrants qui affluaient d’Europe et de pays arabes, vivaient dans des abris primitifs. La nourriture était rationnée et le pays ne disposait d’aucune infrastructure économique. Après avoir essuyé un refus de la Bourse de New York de lever des fonds, le Premier Ministre David Ben-Gourion a pris la décision de créer l’Organisation des Obligations de l’État d’Israël pour financer les infrastructures du pays »[4]. Ces bons furent réservés à la diaspora juive établie partout dans le monde. De 1951 à nos jours, Israël a levé 31 milliards $ pour financer son économie.

L’expérience de l’Inde n’est pas non plus négligeable. En effet, à travers 3 opérations : « India Development Bonds » (1991) avec 1.6 milliards $, « Resurgent India Bonds » (1998) avec 4.2 milliards $ et « India Millennium Deposits » (2000) avec 5.5 milliards $ [5], l’Inde a sollicité le support de sa diaspora dans le cadre du financement de son développement. Selon Dilip Ratha, avoir recours à l’argent de sa diaspora via de bons est un moyen indépendant de mobiliser des capitaux pour financer pour financer le développement.


C- La création d’un fonds souverain dit « Fonds Louverture »

Un Fonds Souverain est un fonds d’Etat. Le premier fonds souverain créé, a été le fonds du Koweït en 1953. L’idée de la création d’un tel fonds en Haïti, est loin d’être négligeable. Nombreux sont les Etats ayant jugé nécessaire de se doter d’un tel fonds. On peut citer la France, Norvège, Emirat Arabe Unis, Etats-Unis, Chine, Koweït, etc.…

Le Fonds souverain serait un fonds d’assurance
Chaque année le pays est susceptible d’être frappé par des cyclones et inondations pouvant causer d’énormes dégâts au niveau agricole et des infrastructures. Haïti a connu durant ces cinq (5) dernières années:

- Quatre (4) ouragans dévastateurs causant d’énormes dégâts humain et matériels

- Des émeutes de la faim aboutissant au départ du MP J.E Alexis.

- Plusieurs grèves de transports causés par la hausse de prix du pétrole sur le marché international.

- Un tremblement de terre terrible aux conséquences dévastatrices.

Mais ce que beaucoup d’entre nous ignorent, c’est qu’il existe des mécanismes qui permettent de gérer ces grands risques en terme d’assurance aux dommages causés. Il est possible de se prémunir tout aussi bien contre les risques liés aux matières premières qu’aux catastrophes naturelles. Le marché traditionnel des assurances ne permet pas de couvrir ces grands risques. Il existe des mécanismes appropriés pour les gérer. Avec un tel fonds, il deviendrait possiblement de se couvrir contre les catastrophes naturelles en termes de dommages causés.

Le Fonds souverain serait aussi un fonds spéculatif
Nous ne cesserons de le dire, il faut sortir de la vision traditionnelle pour embrasser une nouvelle approche. Cette nouvelle vision du pays passe nécessairement par l’esprit d’innover. La Banque Nationale de Développement, chercherait à avoir une expertise en terme de gestion d’actif. De cette fonction, on saura comment partir d’un fond initial, le faire fructifier pour financer le développement. Georges Soros plus connu chez nous pour ses œuvres caritatives que pour son talent de grand financier, a réussi à accumuler une véritable fortune en très peu de temps. Beaucoup d’entre nous, ignorent les techniques employées par ce Monsieur, qui lui ont valu d’être le 24 ième homme le plus riche des Etats-Unis avec une fortune estimée à 13 milliards $ en 2009, selon le classement du magazine Forbes, ce qui représente deux (2) fois la richesse d’Haïti (PIB national = 6, 95 milliards $ en 2009). Georges Soros a utilisé des techniques couramment utilisées par les grandes banques étrangères, les hedge Funds, etc. Ces techniques pourraient être aussi utilisées par nous pour faire fructifier le fonds initial et dégager ainsi des ressources pour financer le développement.


D- Le partenariat avec des fonds éthiques et souverains

Il existe une catégorie des fonds qu’on appelle couramment « fonds éthiques » qui financent des investissements dits éthiques. Ces fonds essaient de concilier des objectifs financiers classiques (recherche de performance) avec des critères de sélection sociaux, éthiques ou écologiques. L’investissement Social et Éthique peut être réparti aujourd’hui selon les trois axes de développement suivants :

1. L’Investissement Socialement Responsable
2. L’investissement solidaire
3. L’investissement islamique

Certains de ces fonds peuvent dans certains cas appliquer des critères d'exclusion tels que les secteurs de l'armement, de l'alcool et du tabac pour des raisons éthiques ou religieuses. Certains incluraient des investissements allant dans le sens du développement des pays du tiers monde. Dans le cadre des grands projets d’Etat, les partenariats en terme de financement avec les fonds éthiques et les fonds souverains étrangers ne seraient pas négligeables. Le puissant fonds souverain des Emirats Arabes Unis « Abu Dhabi Investment Authority » totalisant un montant total d’actifs de 875 milliards de dollars us, ayant des participations dans des nombreuses sociétés étrangères est un exemple possible de partenariat.

Jean-Éric PAUL
Paris
__________________

[1] http://www.ruefrontenac.com/nouvelles-generales/international/16891-bellerive

[2] Fonds Multilatéral d’Investissement (FOMIN) de la Banque interaméricaine de développement

[3] Economiste à la Banque Mondiale

[4] https://www.israelbonds.ca/qui.asp


[5] “Diaspora Bonds: Track Record and Potential” by Suhas Ketkar Vanderbilt University & Dilip Ratha The World Bank

In Migration and Development Conference World Bank, Washington DC, May 23, 2007




lundi 30 août 2010

Plans and Benchmarks for Haiti

Source: The New York Times/Editorial.
Published: August 29, 2010

The Interim Haiti Recovery Commission was set up after the Jan. 12 earthquake as a joint Haitian-international effort to effectively channel billions of dollars of donated reconstruction aid.

Like everything else about the recovery effort, the commission, led by Prime Minister Jean-Max Bellerive and former President Bill Clinton, has been too slow off the mark. But we were encouraged by its second meeting in Port-au-Prince this month, where it announced dozens of new projects with clear benchmarks and the commitment of more than $1 billion to complete them.

The commission finally has its executive director, a Haitian, Gabriel Verret, a former economic adviser to President René Préval. About 30 crucial staff positions are still unfilled, a troubling sign. Without a full, permanent staff, the commission will surely have a harder time showing results and pressing donors to meet pledges.

The goals outlined at the meeting include clearing a million cubic meters of rubble in Port-au-Prince and building enough short-term hurricane shelters for 400,000 to 500,000 people — both by November. The longer-term plans include a two-year, $4.3 billion reinvention of Haiti’s public school system, a $200 million program for agricultural development, and a $15 million, 320-bed teaching hospital in Mirebalais, in central Haiti.

The hospital is a project of Partners in Health, an exemplary nongovernmental organization whose founder, Paul Farmer, has spoken forcefully about the need to break bad old habits of international aid, which in half a century has never reached the goal of creating a functioning country run by Haitians for Haitians. At a Capitol Hill hearing in July, he noted that only 3 percent of earthquake aid had gone to the Haitian government.

The low figure is understandable, since the government was weak to begin with and devastated by the quake. Dr. Farmer’s larger point is valid. Rebuilding Haiti requires building a functioning, responsive Haitian state. A hospital that teaches a new generation of Haitian doctors and nurses, meeting an aching need for medical care while spurring the home-grown economy, is a fine example of how to do that.

Commission members and supporters insist that by the standards of international bureaucracies, they are moving quickly and efficiently. Perhaps. But Haiti’s urgent and unmet needs are staggering.

The International Federation of Red Cross and Red Crescent Societies recently announced that it was distributing new plastic tarps to 80,000 families. They are replacing old tarps that have frayed in the last seven months while people have waited, fruitlessly, for homes.

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